Webinaire du 18 septembre 2020

De iconomie
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Intervenants

  • Vincent Lorphelin, Fondateur de 100brevets.tech et co-Président de l’Institut de l’Iconomie
  • Michel Volle, Economiste et co-Président de l’Institut de l’Iconomie
  • Nathalie Janson, Economiste et Professeur de Neoma Business School
  • Mehdi Medjaoui, Fondateur de GDPR.dev et APIdays Conference
  • Thomas Maître, Fondateur de Vizir.co

Vincent: "L’économie décentralisée va renforcer et non affaiblir les GAFA"

Je prédis que l’économie décentralisée va renforcer et non affaiblir les GAFA. Je suis Vincent Lorphelin, Conseil en Stratégie et brevets d'usage, et co-Président de l'Institut de l'Iconomie.

La « DeFi », ou finance décentralisée, a démarré avec Bitcoin. Elle poursuit le rêve d’une finance mondiale sans banques et sans monnaies souveraines. Elle veut aussi ouvrir la voie du web décentralisé, en retour de balancier des années de centralisation où les GAFA ont pris le contrôle d’Internet. Selon la DeFi, l’économie décentralisée doit affaiblir les GAFA.

C’est pourtant l’inverse qui va se produire.

On a vu Facebook lancer la Libra, techniquement plus proche du Bitcoin que de Paypal. Le fonctionnement de ses transactions et son langage de programmation s’inspirent directement de ceux d’Ethereum. Facebook a d’ores et déjà récupéré à son profit une partie de la technologie de la DeFi.

Et ce n’est que le commencement.

Il faut se souvenir que l’open source, qui caressait le même rêve que la DeFi, a été largement récupéré par les GAFA. Google Map et Apple iOS sont fondées sur l’open source, IBM et Microsoft ont racheté les forteresses de l’open source Red Hat et Github. Il n’y a aucune raison pour que les applications décentralisées ne suivent pas le même chemin.

On pourrait aussi penser que la décentralisation va à l’encontre du modèle centralisateur des GAFA. C’est vrai, mais ce modèle va évoluer vers celui de Google Play ou Apple App Store. Aujourd’hui les applis de nos smartphones leur reversent 30% de leur chiffre d’affaires en tant qu’ « apporteurs de communauté ». Demain, les applis décentralisées bénéficieront de plus d’une formidable boîte à outils pour organiser économiquement cette communauté : monnaie virtuelle, wallet, contrats intelligents, mise en relation d’affaire, plate-formes collaboratives, partage d’actifs, traçage des contributions, partage de la valeur créée pour rémunérer les contributeurs. Les commerçants seront prêts à payer encore plus cher pour y accéder.

C’est pourquoi je prédis que l’économie décentralisée ne va pas affaiblir mais au contraire renforcer les GAFA.

Croyez-vous à ma prédiction ?

Sondage

  • Oui, et c'est déjà le cas
  • Oui
  • Oui, mais avec une faible ampleur
  • Je ne sais pas
  • Non, les GAFA ne proposeront pas de services financiers supplémentaires
  • Non, la DeFi ne peut pas être récupérée par les GAFA
  • Non

Nathalie: "DeFi ou l’ « open finance » s’imposera comme un système financier alternatif"

Je prédis que la Finance Décentralisée ou l’ « Open Finance » s’imposera comme système financier avec la prochaine génération. Le BTC a ouvert la brèche en 2009 en proposant un système de paiement alternatif à notre système centralisé et pyramidale. En effet, le BTC permet d’effectuer des paiements peer to peer avec validation des transactions de façon décentralisée assurant ainsi un niveau élevé de sécurité (proof of work). Malgré les limites à son adoption généralisée – en particulier en raison de sa volatilité et son manque de « scalability » (peu évolutif), le BTC demeure la cryptocurrency leader avec 60% de part de marché même si en baisse. La Decentralized Finance s’inscrit dans le sillon du BTC avec l’idée d’un système alternatif ouvert à tous. Il a un ADN numérique, il fonctionne sur des infrastructures décentralisées et il est ouvert à tous à la fois dans sa construction et dans son usage. C’est pour cela qu’on utilise également d’Open Finance pour le caractériser.

Ce système est inclusif par nature. Reposant sur la blockchain, il est transparent, il n’est pas corruptible, il et est auditable. Il présente un risque de contrepartie réduit et permet de programmer des actions automatisables ou auto-exécutantes. L’Open Finance permet de démocratiser l’accès aux marchés financiers en déplaçant les actifs de valeur de façon rapide et indépendante, renforçant ainsi la concurrence, et l’efficience des marchés de capitaux. Les unités de valeur sont interopérables et programmables sur registres ouverts ce qui participe au mouvement de tokenisation, . L’Open Finance permet à n’importe quelle personne sur la planète d’accéder aux services financiers sans être prisonnier de son territoire. Elle libère des contraintes institutionnelles locales et contribue à l’empowerement de l’individu et de sa plus grande souveraineté financière étant donné que l’infrastructure est en libre accès et travaille sur un code open source. L’Open finance baisse significativement la barrière à l’entrée pour entreprendre la finance technologique. De par sa modularité, elle ouvre la porte à l’inventivité sans limite : exemple avec le protocole Augur qui permet de créer et de gérer ses propres marchés prédictifs. Les applications actuelles vont des échanges d’actifs, aux paiements, prêts, credit scoring, dérivés, stablecoins, produits d’assurance, indices et panier de titres, marchés préductifs, tokenisation et applications de « crypto-banque ».


Pour le moment, l’Open Finance est embryonnaire et est moins performant que marché traditionnel en particulier en raison du manque de liquidités mais a le mérite d’offrir une alternative. Elle fait basculer vers l’ère de la finance en réseaux. Néanmoins, l’adoption des crypto et de l’Open Finance est générationnelle. Les jeunes grandissent dans ce monde, loin des banques et du système financier traditionnel. En 2017, une étude montrait que 37% des millenials hommes interrogés (sondage effectué en Octobre 2017 pour le compte de la société d’investissmeent US Blockchain capital) considéraient le BTC comme plus digne de confiance que les banques traditionnelles. La première vague attendue viendra des professionnels qui pourront justement apporter de la liquidité nécessaire à son développement.


Sondage

Croyez vous que la Finance Décentralisée ou l’ « Open Finance » s’imposera comme système financier avec la prochaine génération ?

  • Oui
  • Oui et même avant
  • Je ne sais pas
  • Non, la Finance Décentralisée ne va pas survivre sous cette forme
  • Non

Thomas : "Les conseillers bancaires vont disparaître à cause de l’automatisation de la relation client"

Les conseillers bancaires vont disparaître à cause de l’automatisation de la relation client

Le sujet de l’impact du numérique sur l’emploi est un sujet récurrent dans les médias et chez certains auteurs et universitaires. Le plus emblématique des rapports sur le sujet est celui de Carl Benedikt Frey & Michael Osborne de la Oxford Martin School, nommé The Future of Employment publié en 2013. Les deux économistes proposent un nouveau modèle de classification des tâches afin de mesurer l’impact des nouvelles technologies (apprentissage machine, big data, APIsation des systèmes) sur l’emploi. Le rapport annonce le chiffre choc : 47% des emplois américains ont un fort potentiel d’automatisation. Ce rapport à donné lieu à de nombreuses interfaces sensationnalistes qui vous permettent d’obtenir le risque potentiel d’automatisation pour un métier donné (https://willrobotstakemyjob.com/). J’ai bien évidemment joué avec cette interface : les métiers de conseillers bancaires obtiennent un score de 98%. Ces scores ne sont rien d’autres que la transposition d’une réflexion sur la nature des tâches qui composent un emploi. Les chercheurs s’appuient sur les travaux de David Autor (2003) qui classifie les tâches grâce à leur répétitivité et leur besoins cognitifs. Mais cette matrice n’est plus suffisante à l’heure ou la technolgie est en mesure de réaliser des tâches de plus en plus complexes. Frey & Osborne proposent donc une nouvelle matrice avec 3 compétences non automatisables : l’intelligence sociale, la créativité, et la perception et manipulation. Malheureusement le métier de conseiller bancaire fait peu appel à ces trois compétences. Ouvrir un compte, simuler un crédit, réaliser un ordre de bourse, réaliser un virement etc... sont autant de tâches qu’un client est capable de réaliser avec l’aide de la technologie (site web, application mobile, chatbot,...). Cette vision semble acquise depuis le début des années 2000 par la majorité des comités de directions des banques de détail mondiales. Elles investissent d’un côté sur la digitalisation de leur activité, allant même jusqu’à lancer ou acheter des néo-banques (Shine pour 100M€ et Compte Nickel pour 200M€). Elle réduisent de l’autre les coûts des agences physiques. En 2015 la Société Générale annonce un plan de fermeture de 20% de ses agences en 5 ans, et une suppression de 2000 emplois. Le LCL a fermé 13% de ses agences entre 2016 et 2019, et annonce au moment du bilan 2019 la fermeture d’une centaine d’agence supplémentaires d’ici 2021. Autre indicateur important : le succès de néo-banques totalement automatisées comme Revolut ou N26, qui comptent à eux deux 15 millions de clients dans le monde sans compter aucune agence en moins de 5 ans d’existence. La question qui nous reste à évaluer, comme le pose Max Tegmark dans “La vie 3.0” est de savoir si cette suppression d’emplois sera compensée par d’autres emplois (comme lors des précédentes révolutions industrielles) ou “si cette fois, c’est différent”.

Références : https://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/future-of-employment.pdf https://www.latribune.fr/entreprises-finance/la-revolution-numerique-oblige-les-banques-a-reinventer-le-metier-de-conseiller-506454.html https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/monde/les-banques-europeennes-vont-supprimer-plus-de-44-000-postes_AN-201909220007.html#:~:text=Le%20groupe%20fran%C3%A7ais%20%C3%A9tait%20l,la%20suppression%20de%203.450%20postes. https://www.lefigaro.fr/societes/banque-le-point-sur-les-dizaines-de-milliers-de-suppressions-de-postes-annoncees-dans-le-monde-20200218

Sondage

  • les conseillers bancaires seront tous remplacés à court termes et les emplois supprimés ne seront pas compensés
  • la majorité des emplois de conseillers bancaires seront supprimés à court terme, le peu restant seront des conseillers plus qualifiés sur des produits financiers complexes (assurances vies, bourse, …)
  • une petite partie des emplois de conseillers bancaires seront maintenus

Michel : "Les entreprises qui n’auront pas su s’informatiser efficacement feront faillite avant 2030"

Summer Camp de l’Institut de l’Iconomie 18 septembre 2020 Michel Volle Prédiction personnelle : « Les entreprises qui n’auront pas su s’informatiser raisonnablement feront faillite avant 2030. »

378 mots

Certains auteurs bien informés disent que le système d’information d’une entreprise est son « système nerveux », sa « colonne vertébrale », sa « principale richesse », etc.

Le fait est cependant que le système d’information de la plupart des grandes entreprises françaises est de mauvaise qualité. Trop souvent les données sont incohérentes, les processus désordonnés, la supervision et la sécurité défaillantes, les tableaux de bord illisibles, la plateforme informatique instable.

Ces défauts sont confortés par une organisation en silos hiérarchiques et étanches, par une focalisation sur fonctionnement interne, par une sous-traitance de la relation avec le client (accueil téléphonique, maintenance des installations, etc.) qui dispense de le connaître et de comprendre ses besoins.

C’est que l’entreprise n’est pas le lieu de l’efficacité et de la rationalité : c’est un être psychosociologique soumis à des habitudes et des traditions, sujet à des phobies et des illusions héritées d’un temps où l’informatique n’existait pas encore. C’est pour cette raison que France Telecom a longtemps refusé le téléphone mobile et l’Internet.

Or l’informatisation a transformé depuis 1975 le système productif : l’agriculture, la mécanique, la chimie, l’énergie, la biologie, l’écologie se sont informatisées et c’est désormais en s’informatisant qu’elles progressent.

Comme tout être vivant une entreprise peut se trouver malade même si elle dégage un profit. Les vaches-à-lait, devenues incapables de renouveler l’effort de leurs créateurs, sont rigides et vulnérables : c’est le cas de la SNCF.

Examiner un système d’information révèle, comme une radiographie, des faits réels que l’entreprise ne voit pas. Cet examen permet de poser un diagnostic et de formuler une prescription, mais elle ne sera écoutée que si les dirigeants ont acquis une intuition exacte des exigences pratiques de l’informatique, des possibilités qu’elle offre et des dangers qui les accompagnent.

Les entreprises qui s’informatisent raisonnablement, comme Amazon ou Dassault Systèmes, s’appuient sur les techniques de l’informatique pour innover en concevant des biens et services compétitifs, développer les compétences de leur cerveau-d’œuvre, satisfaire leurs clients par le rapport qualité/prix de leurs produits, conquérir enfin des positions de monopole temporaire sur le marché mondial.

Je prédis que ces entreprises efficaces auront d’ici à 2030 fait disparaître les vaches-à-lait et, de façon générale, toutes les entreprises qui refusent avec persévérance de comprendre la dynamique qui anime la situation présente.

Sondage

Croyez-vous que les entreprises qui ne savent pas s’informatiser raisonnablement auront disparu en 2030 ?

  • Oui
  • Oui, mais pas toutes car certaines resteront profitables
  • Je ne sais pas
  • Non, vous vous exagérez l’importance de l’informatique
  • Non


Mehdi : "Le revenu de base universel, permettant de vivre uniquement du ‘digital labor’, débutera dès 2020"

Nos données collectées par les plateformes digitales est un énorme capital, utilisé de manière non optimale car captif par seulement quelques acteurs. En 2020, avec la maturité de la réglementation sur la portabilité des données et l’avènement de nouveaux outils informatiques pour en démocratiser l’accès, ce capital digital va être rentabilisé par les utilisateurs et amorce les dividendes d’un revenu de base de travailleur numérique basé sur la valeur des données personnelles. En effet, la valorisation des données d’un utilisateurs représente en 2020, selon des calculs jusqu’à $7600 par utilisateur. Par exemple rien que la valorisation des données Facebook représente aujourd’hui près de 300$/utilisateur. Si chaque utilisateur partage donc ses données Facebook avec d’autres plateformes, il y a une libération de valeur sur tous les acteurs, et il en est de même pour Google, Airbnb, Uber, Amazon, Netflix etc. et l'utilisateur au centre peut en collecter une partie significative Avec la maturité des réglementations sur la protection et la portabilité des données dans le monde (RGPD en Europe, CCPA en Californie, LGPD au Brésil etc), en parallèle avec l’adoption de technologies qui permettent la portabilité des donnés de manière programmable, la portabilité des données devient le médium faisant transiter de la valeur entre les plateformes, dont les utilisateurs peuvent tirer soit en les monétisant indirectement via des améliorations de leur expérience client, soit en les monétisant directement contre de l’argent, établissement un revenu universel de digital labour dès 2020. Tant que les sociétés alternatives aux GAFAM ne sont pas encore prêtes à valoriser au maximum ces donnés en entrée de leur système d’information, il peut valoir au début quelques dizaines de dollars par mois (ce qui représente un revenu de base pour 3 milliard de personnes) pour arriver en 2023 à près de 800$/mois.

sondage

  • Oui
  • Oui, mais pas avant 2022
  • Oui, mais les montants ne seront pas suffisants pour vivre
  • Je ne sais pas
  • Non, les data resteront une valeur économique marginale
  • Non, les GAFA empêcheront la décentralisation de cette valeur
  • Non

Michel : "L’efficacité résultera de l’articulation du cerveau humain et de l’ordinateur"

Dubhashi et Lappin prédisent que l’efficacité résultera de l’articulation du cerveau humain et de l’ordinateur : « the strongest chess player today is neither a human, nor a computer, but a human team using computers  ».

414 mots

L’« ordinateur » peut-il penser tout seul, sans aucune intervention humaine ? Est-il plus efficace que l’être humain ? Va-t-il le remplacer partout dans les entreprises ?

L’expérience apporte d’utiles enseignements. Certes le Deeper Blue d’IBM a battu en 1997 le champion du monde des échecs, Gary Kasparov, mais par la suite l’ordinateur (et le champion) ont été battus par une équipe de joueurs amateurs utilisant des ordinateurs. Comme l’ont dit Dubashi et Lappin, « le meilleur joueur d’échecs n’est ni un humain, ni un ordinateur, mais une équipe d’êtres humains utilisant des ordinateurs »

La formule la plus efficace est donc un partenariat entre l’être humain et l’ordinateur, dans lequel chacun des deux partenaires fait ce qu’il sait faire mieux que l’autre : l’ordinateur calcule vite et exécute inlassablement avec précision ce pour quoi il a été programmé, l’être humain sait interpréter une situation imprévue et décider.

La programmation d’un automate est d’ailleurs une opération humaine, ainsi que la production, la sélection et la correction des données sur lesquelles sera étalonnée une intelligence artificielle : chaque programme est une intelligence humaine mise en conserve, et son utilisation va requérir un travail humain pour répondre aux incidents, pannes et autres événements imprévisibles.

Nous avons nommé « cerveau-d’oeuvre » le partenariat, ou le couple, que forment l’être humain et l’ordinateur. Ce partenariat dégage une efficacité inédite car l’informatisation n’apporte pas seulement une automatisation des tâches répétitives : elle assiste la réflexion et la conception, elle aide les personnes qui produisent un service à connaître les besoins du client et trouver les solutions qui lui conviendront.

La raison d'être d'une entreprise est d'organiser une action collective lorsque l'action individuelle ne suffit pas pour élaborer un produit jugé nécessaire. Quand le partenariat qui fait apparaître les cerveaux d’œuvre est réussi, il reste à réussir la synergie des compétences individuelles. Une informatisation bien conçue contribue alors au travail coopératif en éclairant pour tous les intervenants la finalité des processus de production ainsi que le partage des rôles et responsabilités. Le cerveau d’œuvre n’est donc pas seulement un être humain que l’ordinateur assiste dans son travail : c’est un réseau de compétences complémentaires. Le cerveau d’œuvre individuel, partenariat d’un être humain et de l’ordinateur, contribue à un cerveau d’œuvre collectif.

C’est la leçon de l’expérience que rapportent Dubashi et Lappin : dans nos entreprises, l’efficacité sera atteinte non par l’ordinateur seul, mais par une organisation collective des cerveaux d’œuvre que forment le couple de l’être humain et de l’ordinateur.

Sondage

Croyez-vous que le secret de l’efficacité réside dans la coopération collective de l’être humain et de l’ordinateur ?

  • Oui
  • Oui, mais pas dans tous les cas
  • Je ne sais pas
  • Non, l’ordinateur est plus efficace tout seul
  • Non

Nathalie : "L’ « open finance » prouvera son intérêt lors de la prochaine récession"

Nadav Hollander, le fondateur de Dharma prédit que « le test ultime pour le succès de l’Open Finance sera la prochaine récession financière ».

L’Open Finance en est à ses balbutiements et comme tout système alternatif proposant une architecture radicalement différente de celle existante, son attractivité reste marginale pour le moment même si l’intérêt est croissant. Les propos de Nadav Hollander font immédiatement penser à l’époque de l’émergence du BTC en 2009. En effet, la cryptomonnaie est née en réaction de la crise de 2008 pour offrir une alternative au système de paiement bancaire. Son originalité : celle de permettre le règlement de transaction peer to peer sécurisé de manière décentralisée sans tiers de confiance. Le BTC innovait radicalement en permettant de réaliser des transactions n’utilisant pas l’architecture bancaire, indépendamment des autorités existantes à qui il était reproché de ne pas remplir leur promesse de gardien de la stabilité bancaire et financière. Compte de son architecture, le BTC a attiré à ses débuts tous ceux en rébellion contre le système et ses dérives ainsi que tous ceux pour qui la décentralisation procurait un avantage, celui de faire des transactions en dehors du système et donc en dehors de la surveillance des autorités. La première estimation de la valeur du BTC s’est faite le 5 Octobre 2009 à partir de son coût de production égal à 0,001USD et la première transaction en BTC s’est effectué le 21 mai 2010 : un achat de 2 pizzas chez Pizza Jones pour 10 000BTC. Aujourd’hui le BTC vaut environ 10 000 USD et demeure leader sur le marché des cryptomonnaies avec 60% de part de marché. Son taux d’adoption est sans doute inférieure à ce qu’escomptait les enthousiastes de la première heure, principalement en raison de la volatilité de son prix et sa faible « adaptabilité » (scalability) limitant le volume des transactions réalisables en comparaison du système de paiement actuel. L’Open Finance s’inscrit dans la continuité des cryptomonnaies puisqu’elle se développe principalement sur le protocole Ethereum. Comme les cryptommonnaies, elle offre une alternative au système existant. Sa modularité ouvre la porte à un monde infini d’applications démocratisant l’accès au marché financier et la gestion des risques aussi bien côté entreprises que côté investisseurs. Paradoxalement bien que son architecture décentralisée repose sur la confiance, elle souffre d’un manque de confiance étant donné qu’elle est « hors système » même si les applications ne se développent pas délibérément en dehors de la réglementation. Par ailleurs, la faible liquidité des marchés créés est un autre obstacle majeur qui évidemment serait levé si davantage d’acteurs participaient à l’Open Finance. Tant que le système établi fonctionne, l’intérêt de migrer vers l’Open Finance demeure limité. La donne change dès lors que le système existant est en crise parce que les acteurs regardent alors quelles sont les solutions alternatives. Prenons le cas du BTC, son attrait est plus grand comme moyen de paiement alternatif dans les pays où le système monétaire ne remplit plus son rôle. Néanmoins il ne s’institutionnalise pas non plus. Il n’est donc pas dit que l’Open Finance s’imposera à la prochaine crise financière. Sondage


Sondage

Croyez vous comme Nadav Hollander que le test ultime pour le succès de l’Open Finance sera la prochaine récession financière » ?

  • Oui
  • Oui mais pas à la prochaine crise
  • Je ne sais pas
  • Non, l’Open Finance restera un système marginal
  • Non, l’Open Finance ne sera pas une alternative crédible
  • Non

Mehdi : "Le marché de la finance décentralisée sera de 7200 milliards de dollars en 2030"

La banque et et la finance ont toujours été très centralisées, autant dans leur hiérarchie, que leur modèle d’affaire que leur système d’information. Mais à l’ère du numérique, ce monde doit évoluer pour éviter la prophétie de bill gates en 1994 : we need banking, we don’t need Banks. En effet , avec le digital, les nouvelles générations ne vont plus à leur agence bancaire pour du financement. Avec l’éclatement des canaux digitaux et des applications, nous voulons accéder aux services bancaires non pas où ils se trouvent, mais là où l'on se trouve. C’est à la banque de s’adapter aux nouveaux parcours clients multicanal. Et cette nouvelle demande, alliée à l’émergence de nouvelles technologies logicielles est entrain de créer une nouvelle forme de finance : la finance embarquée, décentralisée. C’est à dire que via des interfaces de programmation qui permettent aux services de votre banque et vos données de se retrouver sur des applications tierces (interfaces que l’on appelle des APIs, provenant de l’acronyme anglais Application Programming Interface). Grâce à ces interfaces programmables, les banques peuvent exporter leurs services sur d’autres parcours clients et se retrouver non pas seulement sur l’application mobile de votre banque, mais aussi dans des applications d’achat de véhicule (afin de financer l’achat d’un véhicule) , des applications d’agence immobilière (afin de savoir si l’on est en mesure de faire une offre après- une visite), des sites de e-commerce (afin de payer à crédit au moment de l’achat) et beaucoup d’autres expériences clients hors du monde bancaire mais qui ont besoin des services bancaires pour mieux vendre. C’est donc cette économie de la banque et la finance embarquée et décentralisée qui est estimée aujourd’hui à près de 7200 milliards de dollars et qui est une opportunité énorme aussi bien pour les acteurs classiques et les Fintechs.