Réunion du 6 Juillet 2016

De iconomie
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Réunion de l'Institut de l’Iconomie, 6 Juillet 2016
Liste des réunions

Sommaire

Ordre du jour

Bruno Le Maire et l'Iconomie:Dominique Cuppens

Résumé

Notes de la conférence de Bruno Le Maire

Avec les grèves, l’inondation du RER C, une alerte bloquant la circulation des trains, une communication confuse, 1 bus et 3 métros, je suis arrivé avec une demi-heure de retard, malgré un départ très matinal. J’ai semble-t-il raté ¼ d’heure sur une heure d’échange.

Ce que j’ai pu noter :

  • L’importance donnée à la représentativité du Président élu, d’abord par les primaires, par l’élection majoritaire qui ne donne qu’1/3 des citoyens en termes de légitimité, puis par un référendum dont j’ai raté malheureusement les gdes lignes
  • La majorité et représentativité du Président doit permettre de lancer des réformes après consultation des syndicats mais sans négociation. Et acceptant les manifestations qui s’ensuivront mais qui devront rester républicaines ; le mandat unique affaiblit le Président une fois élu.
  • Les élus doivent d’abord être clairement choisis par leurs soutiens locaux. Les congés pour engagement politique doivent être développés pour les salariés privés et doivent être possibles y compris pour les salariés des PME. Difficile de recevoir des leçons de démocratie de la monarchie anglaise. Abaisser la moyenne d’âge des députés qui est de 60 ans, et faciliter la diversité des représentants.
  • Cap sur un esprit de conquête de la France et plus de libertés données au citoyen, allègement des lois et de gestion par le haut de la fonction publique ; on ne peut se permettre comme d’autres candidats tendent à la proposer une pause dans la situation où est la France ; Il faut des réformes de structure.
  • On ne doit pas confondre social et solidarité ; le « social a tué la solidarité ». Moins de social et plus de solidarité sera visé, notamment par la mobilisation de tous les acteurs. Le social doit être focalisé sur ceux qui sont dans le plus grand besoin : handicapés, autistes, cassés de la vie,… La réalité est que la France ne répond pas bien aux besoins des plus faibles
  • La formation professionnelle ne sera plus sous gestion des syndicats mais au choix de ce qui en ont besoin
  • Pôle Emploi sera privatisé ; meilleurs utilisation et développement des associations et institutions privées pour challenger l’employabilité, organiser la formation, le repositionnement géographique et le retour à l’emploi. Utilisation des bases de données sur l’employabilité aujourd’hui efficace. Les indemnités de chômage doivent être dégressives.
  • Il doit être possible de cumuler différents emplois dont par ex. fonction publique et autoentrepreneur ; CDD reconductible autant de fois que l’on veut avec augmentation de la prime de précarité (fait partie du référendum). Retraite à 65 ans.
  • La santé doit être un secteur d’excellence, c’est un business, doit être plus libéral. La mutuelle ne doit plus être obligatoire. Mieux organiser la gestion des dépendances.
  • Suppression et privatisation de la fonction publique territoriale => plus d’autonomie des manageurs des fonctions publiques sur leurs missions, moyens et développement de leurs équipes. Choix sera donné aux fonctionnaires de rester fonctionnaires ou de passer en statut privé.
  • Les élus départementaux choisiront leurs représentants régionaux. Suppression de 2000 élus gains de 160M€
  • Sur le revenu minimum garanti ou salaire de base : idée est peut être séduisante, mais j’attends plus de travail des chercheurs et économistes.
  • Sur l’éducation : fin du collège unique, l’objectif doit être le plein emploi et de donner sa chance à chacun, en redonnant de la valeur à la formation de type CAP, Bac Pro,… . Mobilisation de toutes les intelligences.
  • Sur l’iconomie (mot pas cité) : exemple de l’usine d’Evian qui aujourd’hui est entièrement robotisée. Il faut former des techniciens de maintenance et des informaticiens. Le plein emploi est possible.
  • L’Etat doit se focaliser sur ses fonctions régaliennes : sécurité, éducation.

Étant au fond de la salle pas de possibilité de poser des questions. Sans frustration, car elles ont été posées pour l’essentiel.

Sur la forme, discours clair, non polémique et conquérant.

Sur le fond semble-t-il recherche d’un compromis sur un 1er palier de réformes et mécanisme pour le mettre en œuvre. Au prix peut-être d’un manque d’expression visionnaire à ce stade. (Encore une fois j’ai raté le début).

Quelques réactions :

  • Peu de choses sur la démocratique ouverte ou directe (… j’ai raté le début…)
  • Plutôt faible sur l’Éducation. Je ne pense pas que l’Éducation soit une fonction régalienne. Comme les mutuelles et formations professionnelles, plus de liberté doit être laissés aux élèves, et la réalisation des parcours doit pouvoir être plus libre, ainsi que le temps consacré aux cours professoraux. Ce qui suppose d’alléger le contenu des programmes, pour consacrer plus de temps à apprendre à être, à apprendre et à raisonner, individuellement et surtout collectivement. L’Éducation doit être centré sur les besoins des élèves, sur leur projet et leur recherche de valeur et d’épanouissement professionnel, d’individuation, et non pas sur l’idée que s’en fait l’État. Cette posture est expérimentée depuis très longtemps avec succès. On en trouve probablement trace dans l’Antiquité.
  • De façon plus générale, l’expression des missions régaliennes de l’État était hésitante. Pas assez travaillé ? Je pense notamment qu’il faut au contraire recréer une fonction territoriale au niveau de la Nation qui a été détruite (avec très peu de fonctionnaires !), sinon elle sera gérée en proximité dans les régions (pas une mauvaise chose), mais surtout happée par L’Europe. C’est déjà de fait la situation présente. Alors qu’un État se doit de savoir comment articuler son territoire avec la proximité des citoyens, sa place au sein de l’Europe, et ses connexions avec le monde entier. Cette fonction devrait redevenir un ministère d’État, et non pas une fonction à caractère écologique ou réduite aux transports. Notamment pour assurer la tutelle des grands réseaux, les relations avec les régulations, pour maximiser la performance, la sécurité et de continuité des services de connexions et de soutien au développement – durable.
  • De même les conséquences iconomiques sur l’emploi ne peuvent se résumer à faire des informaticiens et des techniciens de maintenance de robots. (Alors qu’aujourd’hui la SNCF peine à trouver des porteurs de BTS qui maîtrisent la loi d’Ohm). D’autres types d’emplois doivent être développés notamment dans les services et les relations personnalisées.
  • Un petit doute sur le « big data » de l’employabilité, alors que les emplois vont se diversifier et évoluer de façon forte. Et donc être difficilement mis en statistiques. (Rappel : pôle emploi n’a créé les codes des emplois informatiques qu’au milieu de la dernière décennie. Jusqu’en 2005, il y avait 4 codes pour 10% des emplois nationaux !)

Documentation

La transition fulgurante : Pierre Giorgini (invité)

Biographie

Pierre Giorgini est président-recteur de l'université catholique de Lille depuis le 1er juillet 2012. Cet ancien directeur général du groupe Isen (Institut supérieur de l’électronique et du numérique) avait rejoint l'établissement lillois en 2009, comme vice-président du pôle sciences et technologies.

Ingénieur diplômé de l'Institut national des télécommunications d'Évry (INT), il est d’abord enseignant en architecture des réseaux de télécommunications et télématique, puis chargé de la formation des cadres pour France Télécom. En 1990, il crée l'Enic (École nouvelle des ingénieurs en communication) et la dirige jusqu’en 1994.

Directeur des ressources humaines à France Télécom de 1994 à 1998, il y est ensuite directeur du développement des compétences. De 1999 à 2003, Pierre Giorgini est Directeur Général Adjoint et DRH de l’ANPE. Directeur délégué de France Télécom recherche et développement en charge des ressources humaines, du management, de la communication et de la gestion de 2003 à 2006.

Auteur de deux ouvrages dont La Transition fulgurante

Hypothèse de son livre

Plus qu’une crise, nous vivons la transition entre un ancien monde et un monde nouveau, vers une économie davantage fondée sur la création que sur la production. L’Université Catholique de Lille participe au mouvement en investissant 50 millions d’euros dans des écosystèmes innovants. 110 projets d’innovation par an – en partenariat direct avec les entreprises – sont suivis chaque année. Pour réussir la transition fulgurante, il faut changer de paradigme, changer notre manière de penser : “On pense que la rationalité va nous permettre de ne croire que ce que l’on voit. En fait, c’est l’inverse, on ne voit que ce que l’on croit”. Les “roadmaps”(process définis à l’avance pour arriver à une finalité recherchée) n’auront plus d’intérêt dans le monde qui nous attend. Pierre Giorgini s’attache à dresser la liste des déterminants de cette transition. Ces déterminants sont complexes et multiples et le monde qu’ils annoncent est imprévisible :

  • Une transition socio-technique et techno-scientifique
  • Une transition d’ordre socio-économique
  • Une transition d’ordre purement économique

La combinaison de ces trois facteurs bouleverse l’ancien ordre établi.

L’approche techno-scientifique

Les grandes transitions de notre humanité ont toujours coïncidé avec des trans-formations d’ordre techno-scientifique. L’apparition de l’agriculture et de l’élevage a entraîné la sédentarisation des chasseurs. Ensuite, la machine à vapeur a démultiplié le bras humain et la force animale, ce qui a conduit au 1er choc de productivité, c’est-à-dire à la 1ère révolution industrielle. Ce sont les effets de série qui ont créé ce 1er choc de compétitivité. Plus tard, la convergence des réseaux d’énergie et de transport à l’échelle mondiale a généré un second choc de productivité, apportant la 2ème révolution industrielle. Le monde devient interdépendant, il devient le “Village planétaire”. C’est le passage des effets de série aux effets d’envergure. Nous commençons à assister à un 3ème choc de productivité, sans précédent dans le tertiaire. Le secteur tertiaire va être poussé à se réformer en profondeur. Dorénavant, les personnes peuvent imprimer en 3D nanométrique, c’est-à-dire que les gens peuvent produire, consommer et stocker l’énergie. Et pourtant, malgré cela, les plus grands économistes continuent d’ignorer ce changement et cette réalité. Ils continuent de parler des grands enjeux mondiaux du gaz et du pétrole comme si de rien n’était !

La transition socio-économique

Actuellement, les humains “sont câblés en arborescence” avec ce théorème – totalement faux selon Pierre Giorgini – que l’ensemble est égal à la somme de ses parties. L’architecture est pyramidale, hiérarchisée, c’est le réseau en étoile, le flux linéaire… Le monde qui nous attend correspond à un “mode coopératif maillé”. Ce nouveau mode coopératif est en train de bouleverser tous les paradigmes, que ce soit au niveau des organisations et des coopérations, ou dans le domaine humain et technique. La rupture fondamentale, ce sont les objets connectés entre eux. Ils vont créer de l’intelligence. Par exemple, les véhicules en réseau vont produire – et produisent déjà – cette intelligence de réseau, ce qu’on appelle “l’intelligence ubiquitaire”. Cette rupture est explicitée par l’économiste Jérémy Rifkin. Son pari, c’est que les techno-sciences vont permettre de décentraliser à l’échelle quasi-domestique la production, la consommation et le stockage de l’énergie.

Pour aller plus loin, la décentralisation de l’énergie entraîne évidemment des problèmes de dynamiques car parfois il y a trop d’énergie, parfois pas assez. Jérémy Rifkin insiste sur les “smart grids”, c’est-à-dire des systèmes intelligents qui pourront organiser les coopérations énergétiques pour réaliser le mix énergétique optimal à l’échelle d’un quartier, d’une ville. En effet, conclut Pierre Giorgini, la convergence du mode coopératif maillé et des techno-sciences pousse à la décentralisation, notamment de la connaissance. Ce système est en train de se généraliser. On assiste par exemple à un phénomène nouveau : l’inversion de la “présomption d’incompétence”. Dans le champ pédagogique, ce n’est plus l’étudiant mais le maître qui est présumé incompétent (l’étudiant peut vérifier les dires et connaissances de son maître à tout moment). Dans le champ médical, idem : le malade n’arrive plus chez son médecin avec des symptômes mais avec une maladie déjà nommée, repérée, analysée.

La transition économique avec le développement d’une économie créative

Quelle était la valeur ajoutée humaine dominante pendant 3 millions d’années ? La force et l’habilité. Si je n’avais ni force ni habilité, je ne pouvais pas nourrir ma famille. Cela a ensuite été démultiplié par l’animal domestiqué, ensuite par la machine, ensuite par le robot puis par la robotique intelligente, d’où le transfert progressif de la valeur vers l’ingéniosité, l’intelligence. Le monde est en train de passer d’une économie centrée sur l’économie productive à une économie centrée sur l’intensité créative. Pour l’anecdote, explique Pierre Giorgini, il y a encore 10 ans, j’aurais dit à mes enfants d’étudier les maths, la physique, de faire une grande école d’ingénieur… mais plus maintenant car cette partie, la gestion rationnelle des données, va être prise en charge par les machines. Aujourd’hui, il faut étudier les arts et la philosophie. Je pense qu’il faut arrêter d’enseigner les maths à l’école comme nous le faisons aujourd’hui et réhabiliter les mathématiques qui aident à raisonner philosophiquement, qui conduisent à élaborer une vision du monde. L’entreprise du 3ème millénaire sera celle qui arrivera à donner le sentiment légitime, justifié et vérifiable à ses salariés qu’ils sont co-créateurs de la valeur globale.

Dans une entreprise, comment reconnait-on l’intensité créative ? Pierre Giorgini évoque le nuage d’étourneaux. Des ingénieurs ont filmé le nuage et ont demandé à des spécialistes – via un calculateur – si des drones pouvaient reproduire la performance de ce nuage d’étourneaux : impossible. Actuellement, nous sommes dans l’impossibilité de reproduire ce type d’intelligence. Car la grande capacité de ces étourneaux, c’est l’ajustement mutuel permanent. Ils fonctionnent en mode coopératif maillé dans lequel ont été déverrouillées toutes les capacités d’anticipation ; ils sont dans la confiance car ils ont essentiellement une vue à 360 degrés. Ils s’ajustent et inventent une intelligence inaccessible par la seule raison. La société post-moderne dans laquelle nous vivons s’est construite autour de la délégation de moyens. La démocratie et le marché fonctionnent ainsi. Or, cette délégation de moyens est en crise aujourd’hui, elle se dissout. Du coup, on assiste à une forme de repli sur des communautés de proximité. On observe une réémergence de la sphère domestique. C’est l’exemple du mouvement des Makers aux Etats-Unis dont le slogan est “fabriquons nos rêves”. Les gens commencent à mutualiser dans leurs garages un certain nombre d’outils pour fabriquer leurs rêves. On est dans la production domestique, c’est- à-dire dans des niveaux de communautés où ces personnes se sentent co-créatrices de valeur. Ce sentiment est en train de se dissoudre aussi bien dans les relations avec l’Etat que dans les relations avec le marché. Qui, aujourd’hui, en payant ses impôts, a le sentiment de créer de la valeur globale ? Les gens choisissent de jouer ailleurs. L’enjeu est maintenant de savoir comment l’Etat et le marché vont être capables de se réinventer dans ces communautés de résilience économique et dans tout ce qui émerge de ces systèmes coopératifs maillés. Le choc de productivité, c’est toujours une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est notre incapacité à adapter nos modèles économiques à de nouvelles formes de développement. Notre modèle économique est périmé car aujourd’hui la création de valeur est uniquement pensée en termes d’emplois économiquement viables. Prenez l’exemple du chômeur qui travaille avec sa femme aux Restos du Cœur et au Secours Catholique 30 heures par semaine depuis 20 ans. Au fond, quelle est la différence entre lui et un fonctionnaire mal payé ? Cet homme est cocréateur de valeur globale et pourtant il est considéré par le système comme “out”. Pareillement pour une mère qui éduque 4 enfants. En quoi ne serait-elle pas co-créatrice de valeur ? Donc, nous devons aller vers un modèle économique qui reprend cette création de valeur. Ainsi, la question est : comment conduire cette transition sans que des hommes et des femmes en soient exclus ?


Etre leader à l'ère numérique: Philippe Le Roux (invité)

Finalité de ce chantier

Le chantier “Etre un leader à l’ère numérique” a eu vocation d’élaborer une vision partagée d’un leadership renouvelé à l’ère du numérique en invitant des dirigeants membres d’Entreprise et Progrès dans une réflexion collective qui a permis :

  • de mieux identifier les enjeux et les contraintes actuels des dirigeants dans l’exercice de leur fonction
  • d’explorer les voies nouvelles pour devenir un “leader de demain” dès aujourd’hui
  • de coproduire des éléments de langage communs sur la notion de leadership des nouveaux temps

Les 5 convictions fortes des dirigeants d’Entreprise et Progrès

Nous entrons dans une nouvelle ère de civilisation plus percutante qu’une simple mutation technologique

Le paradigme émergent de la culture numérique et les nouveaux usages à l’ère digitale nous bousculent et nous interpellent dans nos certitudes fondées sur des schémas mentaux et des modèles trop rationalistes et individualistes. Apprenons à désapprendre et remettons-nous individuellement et collectivement en question pour saisir les opportunités du numérique. Cela demande un lâcher prise, le droit à l’erreur pour apprendre, l’expérimentation pour créer et innover.

L’innovation devient la priorité stratégique majeure dans une nouvelle économie mettant en question nos business models

Cette nouvelle économie, centrée sur l’intensité créative et la co-création de valeur, oblige à transformer en profondeur les stratégies “client” et les relations avec toutes les parties prenantes. La confiance est essentielle à l’ère numérique. L’expérience “client” et le rapport à la multitude scannée et profilée au sein du “big data” sont des facteurs clés de réussite. Créons donc les conditions pour que l’innovation et le potentiel créatif percolent dans toute l’organisation.

L’organisation doit évoluer de la pyramide au réseau en déverticalisant les hiérarchies

Dans un monde interconnecté, l’entreprise n’a pas d’autres choix que d’être ellemême en réseau. Déverticalisons les hiérarchies pour créer des systèmes circulaires et faire de l’entreprise une organisation vivante, capable de se transformer pour évoluer dans un contexte d’accélération du temps. Faisons de l’agilité une condition de réussite s’appuyant sur des stratégies de réseaux et nouant des alliances intelligentes.

La transformation managériale constitue la clé de la réussite d’une transformation digitale

Un enjeu de taille pour les managers est de rendre tous les collaborateurs coacteurs de la transformation. Donnons du sens pour créer l’adhésion et un cadre structurant pour permettre la responsabilisation. Réinventons les relations managériales et les systèmes de management en mettant l’individu au centre des enjeux de transformation. Soyons attentifs aux personnes les plus fragilisées, en perte de repères dans cette période de mutation. Favorisons la résilience humaine et organisationnelle.

Le dirigeant doit réinventer son leadership pour être capable de porter cette transformation au niveau global de l’entreprise

La conscience d’un changement radical de posture de leadership pour les managers ne peut être impulsée que par le dirigeant lui-même. Son exemplarité est requise. Pour s’adapter au passage d’une société de biens à une société de liens, il s’agit de réinventer un leadership authentique fondé sur une légimitité du pouvoir liée à la capacité d’incarner un collectif. L’arrivée de la génération Y favorise cette mutation dans l’exercice des pouvoirs et des influences. Aussi, il est vital que le dirigeant initie, encourage, accompagne et impulse avec conviction un mouvement structurel en profondeur qui remette en question les modes de fonctionnement habituels de l’entreprise.

Data is the new code..et alors ?:Jacques Printz

Biographie

Professeur émérite du CNAM, il a été élu titulaire de la chaire de génie logiciel en 1994. Consultant auprès du ministère de la Défense, de Thales, EDF, RTE, il a créé au CNAM, le Centre de Maîtrise des Systèmes et du Logiciel (CMSL).

Résumé

La technicité derrière les usages

Data is the new code … et alors ?

Le but de cette présentation est juste de faire prendre conscience que derrière les slogans et/ou sigles racoleurs dont certains se gargarisent comme « Big data », « Data is the new code », « No SQL », « BASE », « Data center », etc. se cache en fait une grande technicité, beaucoup de professionnalisme et de savoir-faire. Faire croire ou laisser croire que tout devient « simple » comme par magie est donc non seulement fallacieux, mais stratégiquement dangereux car cela va amplifier le niveau de dépendance technologique dans lequel nous sommes durablement englués en nous cantonnant aux usages. Depuis le début, et certainement encore pour quelques décennies l’industrie informatique a été « tirée » par la technologie, les usages sont venus bien après ; Internet en est d’ailleurs une preuve évidente car ses principaux protocoles datent des années 1970s ... Tous les leaders de l’Internet comme les entreprises du GAFA sont américaines, et pour le moment seule la Chine semble vouloir faire de la résistance avec son propre marché. L’Europe, endormie et empêtrée dans le Brexit, dans les dettes souveraines de ses états, dans ses propres contradictions de toute nature est absente du jeu où va se jouer l’industrie du futur. Il n’y a pas de R&D européenne à la hauteur de l’enjeu. Pour cela nous allons illustrer le propos avec une catégorie de systèmes qui rassemblent toutes les problématiques dont nous venons de parler ; il s’agit des systèmes de défense et de sécurité, comme ceux que le MinDef développent depuis les années 90s..

 Cf. le programme de la CE GMES (Global Monitoring for Environment and Security) ; it will provide accurate, timely and easily accessible information to improve the management of the environment, understand and mitigate the effects of climate change and ensure civil security.

La qualité des données

Dans ces systèmes, les données et la qualité des données sont prépondérantes. Dire « Data is the new code », revient à dire, si on comprend les choses normalement, que les données sont aussi importantes que le code, ce qui est une évidence depuis toujours en informatique. Rappelons qu’un ouvrage célèbre de N.Wirth, l’inventeur du langage PASCAL, s’intitulait simplement « Algorithms + Data structures = Programs », 1976. Donc rien de bien nouveau ...

Ce qui différencie les « Big data » des data « normales » est un pur problème de combinatoire. Avec les données, et plus généralement avec la programmation et l’information, nous sommes confrontés à des combinatoires qui dépassent tout ce qu’on peut raisonnablement imaginer. Juste un exemple, avec la montre à complications de l’horloger Suisse Patek Philippe qui compte 1.728 pièces : Si on met les pièces en vrac et que l’on essaye de les remettre dans l’ordre de montage, l’ordre de grandeur des situations à explorer est 104.646, soit 30 fois la complexité du jeux de Go estimée à 10 puissance 170 jeux possibles contre seulement 10 puissance 120 aux échecs ?! Sans outils, sans parallélisme intégrant des milliers de machines, c’est impossible, mais encore faut-il en garantir la fiabilité, et que rien de fallacieux n’est venu s’introduire via un traitement statistique inapproprié. En contradiction avec le slogan BASE ...

Rester maître du jeu

Vouloir s’affranchir de la structuration, à vrai dire bien pauvre, des langages de définition de données comme SQL, au profit de langages comme SGML, HTML et surtout XML, c’est mettre le doigt dans l’univers des langages pilotés par des grammaires, beaucoup plus difficiles à manier que les « simples » tables façon SQL. Une vraie connaissance de la théorie des langages est indispensable si on veut rester maître du jeu ... on en est loin puisque toutes les formations correspondantes ont disparu des cursus depuis bientôt 20 ans. Dans la présentation nous donnons un aperçu sur la construction d’un tel langage, pour décrire des situations réelles pour les systèmes de défense et de sécurité, défini par le DoD US et l’OTAN.

⇒ On ne trouve que ce que l’on cherche, mais pour chercher efficacement il faut savoir modéliser. C’est donc tout le contraire de la facilité qui est le véritable enjeu ...

Documentation

Une vision industrielle pour la France:Michael Valentin (déprogrammé)

Biographie

Michaël Valentin est fondateur et directeur associé d’OPEO Conseil, cabinet de conseil en excellence opérationnelle.

Il est diplômé de l'Ecole Nationale des Ponts ParisTech, et possède 15 ans d’expérience dans le conseil opérationnel et l'industrie.

Résumé

Quatrième révolution industrielle : la France peut tellement plus qu'un simple "rattrapage industriel"!

La bataille pour le leadership industriel mondial fait rage. Les initiatives des grandes puissances industrielles se multiplient pour emporter la bataille de la quatrième révolution industrielle: Industrie 4.0 en Allemagne, Manufacturing Industry Innovation 3.0 en Corée du Sud, Made in China 2025 en Chine, National Network for Manufacturing Innovation aux Etats Unis, New Energy and Industrial Technology Development Organization au Japon.

Le casting semble donc déjà bouclé. Et pourquoi pas nous?

Documentation

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