Réunion du 14 Octobre 2020

De iconomie
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Sommaire

Vincent Lorphelin, Fondateur de 100brevets.tech, co-Président de l’Institut de l’Iconomie

Je prédis que les brevets de l’économie décentralisée feront l’objet d’enchères inédites dès 2021. Je suis Vincent Lorphelin, Conseil en stratégie et brevets d’usage, et co-Président de l’Institut de l’Iconomie.

La Chine vient de déclarer la guerre des brevets pour le contrôle des crypto-monnaies. La Banque centrale ne mâche pas ses mots : « Le droit d'émettre et de contrôler une monnaie numérique deviendra un « champ de bataille » entre les Etats ». Traduction : « nous sommes les inventeurs de la crypto-monnaie, et nous interdirons pendant des années le crypto-dollar et le crypto-euro ». Elle ne cache pas son but. Il s’agit de « briser le monopole du dollar, ce qui sera l’élément clé de l'internationalisation du yuan ». Pour être prise au sérieux, elle dévoile aussi sa batterie de missiles, un portefeuille de « 130 brevets couvrant toute la chaîne de production, d’émission et de circulation des crypto-monnaies ».

Cette guerre était-elle attendue ? Oui. Le rapport Percheron et Terroir nous avait prévenus : « la propriété intellectuelle est devenue un enjeu de souveraineté et de rapport de forces, et rapproche le monde de l’invention d’une économie de guerre », disaient-ils.

Quelles en sont les conséquences à court terme ? On va commencer par dévoiler le nombre de missiles opérationnels. En comptant par bloc, Etats et champions inclus, on a 1100 brevets côté chinois, 600 côté américain, 60 pour l’Europe. Viendra nécessairement ensuite la course à l’armement, pour acheter avant l’adversaire tous les missiles disponibles.

On a déjà vu ce phénomène lors de la guerre des brevets du smartphone autour d’Apple et Samsung. Les enchères ont fait passer le prix des brevets à un million de dollars par unité. Cette fois, il ne s’agit pas seulement du contrôle d’un marché, en l’occurrence celui des smartphones, mais de la domination monétaire internationale. L'enjeu change radicalement d'échelle.

Je prédis donc que les brevets de l’économie décentralisée feront l’objet d’enchères inédites dès 2021. Croyez-vous à ma prédiction ?


Philippe Rodriguez, Avolta Partners, auteur de La Révolution Blockchain

« le système bancaire ne sera jamais partie prenante de la finance décentralisée »

En 2019, plusieurs entreprises et organisations blockchain ont proposé l’idée de construire une finance décentralisée, sous le vocable de DeFi, comme étant une innovation prometteuse pour nos sociétés. L’année dernière, la DeFi connut un démarrage tonitruant. Des centaines d’applications se lancèrent et se rangèrent sous cette bannière pour créer une finance alternative.

À l’instar d’une économie décentralisée ou d’une monnaie décentralisée, gérées par des algorithmes plutôt que des organisations humaines, ces applications proposent d’échanger des monnaies, d’épargner, d’emprunter, bref de remplir tout le métier de la banque, mais… sans banque. Mais jusqu’où la finance peut se passer d’organisations humaines et être remplacée par des algorithmes ?

Pour exemple, Blockfi est une application qui permet de stocker des cryptomonnaies et d’obtenir un taux d’intérêt de 8% par an, mais aussi de se faire prêter de l’argent, en ayant déposé en crypto le double en garantie dans l’application. Ceci semble intéresser les épargnants à notre époque des taux d’intérêt négatifs. Ceci se fait sans qu’aucune organisation humaine n’interagisse avec le client, ni contrôle ce processus.

Pour comprendre d’où vient le concept, il faut remonter en 2013. Il y a 7 ans lorsque Vitalik Buterin, fondateur de la blockchain Ethereum, écrivait qu’il pourrait construire un ordinateur universel basé sur une blockchain, la plupart de ses pairs pensaient qu’il rêvait. Il ne faisait pourtant que de poursuivre l’évolution des smart contracts, qui sont des morceaux de codes que l’on fait tourner simultanément sur des milliers de nœuds de la blockchain et que l’on ne peut arrêter. Les applications décentralisées étaient nées, elles ne tournent n’ont pas sur un ordinateur, ni dans le cloud (informatique en nuage) mais dans ce réseau d’ordinateurs constituant une blockchain.

Plusieurs de ces applications décentralisées peuvent finalement définir une organisation. Par exemple une organisation d’échange entre cryptomonnaies. Cette organisation n’est pas comme les autres. Elle ne repose pas sur une gouvernance humaine, et ne dispose pas non plus d’organisation juridique établie. Cette organisation est appelée une DAO ( Distributed Autonomous Organisation )

Elle est décentralisée parce ce que c’est une organisation gérée par des algorithmes qui définissent à la fois son fonctionnement c’est-à-dire sa finalité, mais aussi sa gouvernance c’est-à-dire son évolution. Ces algorithmes, les smart contracts, sont inscrits et opèrent non pas sur un ordinateur central, mais sur ce réseau d’ordinateurs constituant une blockchain.

Elle est dite autonome parce qu’une fois déployée sur une chaîne publique, le fonctionnement prévu ne peut plus être stoppé ou modifié par la gouvernance, c’est-à-dire un procédé démocratique entre les utilisateurs.

Très vite, dès que les blockchains ont permis l’exécution de smart contracts, les développeurs ont développé des organisations décentralisées et autonomes permettant de gérer quelques fonctions dans les jeux, des casinos faits d’algorithmes, des applications de paris, mais aussi de finance.

En 2019, la DeFi connut un démarrage tonitruant, avec des centaines d’applications lancées et certaines lancées plus tôt qui se rangèrent sous cette bannière.

Les applications peuvent être des places d’échanges décentralisés, les outils de gestions d’actifs, dont les portefeuilles de cryptomonnaies, les applications de prêt, gestion de l’identité.

Pour mettre en place une application de finance décentralisée, par exemple une application de prêt, il faut aussi pouvoir disposer d’une cryptomonnaie qui soit stable et qui ne varie pas en fonction du marché. Et c’est ici que l’on voit se créer le lien entre la DeFi et les StablesCoins, ces crypto monnaies adossées à des paniers de devises ou des crypto actifs, ou reposant sur des algorithmes de stabilisation.

Un peu comme les banques mutualistes qui appartiennent à leurs clients, transformant ainsi les clients en associés, les applications de la DeFi proposent de donner une grande transparence à leur fonctionnement en laissant les utilisateurs aller jusqu’à lire le code qui le régit.

Mais c’est aussi une opportunité pour demain réaliser encore plus d’inclusion financière en donnant une plus grande liberté à chacun pour trouver le meilleur endroit pour emprunter des sommes très faibles (microcrédit) ou très grandes.

Pour l’instant les développeurs blockchains sont en train de construire les fondations de cette nouvelle finance avec les stablecoins et les fonctionnalités de base de la finance. Il faudra attendre encore quelques années pour que les épargnants basculent sur ces systèmes, à moins que la conjonction d’une économie monétaire peu attractive et l’évangélisation d’un acteur de confiance change la donne. Cet acteur de confiance pourrait être un état, un géant du numérique ( Facebook par exemple ).

Ainsi ces communautés de développeurs mettant en place la finance décentralisée, pourrait peut-être prochainement, livrer le rêve de Bill Gates qui disait « we need banking but we don’t need banks anymore » ( « on a besoin de système bancaire, mais plus de banques » )

Peut-être que l’on pourra à terme opérer une finance qui n’aura pas d’organisations humaines pour être gérée, comme l’est Bitcoin.

Yann Le Floch, Token Banker, Maslow Capital Partners

« la DLT transformera radicalement le secteur de la finance, avec ou sans la DeFi »

Je prédis que l’émergence d’une finance et d’une économie construite sur les technologies DLT (Distributed Ledger Technology) transformera en profondeur la société dans les décennies qui viennent, avec ou sans la dite DeFi issue de l’écosystème des cryptomonnaies libertaires.

Je suis Yann Le Floch, banquier des monnaies digitales.

Je mettrai en perspective cette thématique par quelques questions afin d’interroger le chemin de nos vérités diverses. La monnaie sera-t-elle un étalon absolu ou une valeur relative, notamment au travers de l’utilisation des monnaies intelligentes ? La fonction d’utilité de l’économie demeurera-t- elle le profit, ou d’autres fonctions d’utilité pourrait-elle être architecturée monétairement ? La croissance demeurera-t-elle une notion synthétique, ou deviendra-t-elle multidimensionnelle d’un point de vue économique et sociétale au sens large, en particulier décroissante, via la croissance décroissante ? La fonction d’utilité du profit est guidée par des lois dite de marché, des fonctions d’utilité complémentaires pourraient-elles exister par des lois de marchés ? La création monétaire pourrait-elle être guidée par des vecteurs tant entropiques que néguentropiques, notamment pour répondre aux effets de bord capitalistiques environnementaux et sociétaux? Les chaînes de valeurs économiques pourraient-elles présenter des caractères démocratiques au sens strict? La démocratie des actionnaires, ou des porteurs de dettes, peut-elle être la seule forme de démocratie économique dans la définition du prix d’un actif financier? La définition d’un prix de marché pourrait elle être modifiée par une définition d’un prix des marchés? L’économie ne serait-elle pas ainsi guidée par une main invisible mais par des mains invisibles? Le fonctionnement technique des banques centrales et des banques sera-t-il ainsi profondément modifié, pour enrichir les fonctions de la monnaie?

La consolidation de l’écosystème des cryptoactifs notamment au sein de la DeFi, ou decentralized finance, ne répond de manière que très parcellaire à ces questions à ce jour, en restant guidée principalement par les espérances réelles et symboliques de la spéculation. Les institutions classiques pourraient-elles avoir la capacité de se transformer pour répondre à ces questions?

Croyez-vous à ma prédiction ?

Nathalie Janson, Economiste spécialiste de la banque libre et des crypto-monnaies

Je prédis que la récente déclaration de l’Office of the Comptroller of the Currency va renforcer l’attrait des stablecoins adossés à 100% à une monnaie fiduciaire. En effet, cette autorité, émanation de la direction du Trésor et en charge des banques nationales et des caisses d’épargne aux États-Unis, confirme que ces dernières peuvent recevoir les dépôts des émetteurs stablecoins. C’est une excellente nouvelle pour les utilisateurs de stablecoin parce que les établissements concernés deviennent ainsi garants de la couverture du stablecoin. Ils doivent vérifier quotidiennement que les dépôts couvrent bien au minimum l’encours. Encore mieux, les utilisateurs de stablecoins bénéficieraient même de la couverture d’assurance de dépôts, un avantage non négligeable dans la crypto-sphère !

En revanche, les émetteurs de stablecoins devront nécessairement être en conformité avec les réglementations sur le secret bancaire (BSA), la lutte contre le blanchiment d’argent (AML) ainsi que la vérification de l’identité des clients utilisateurs finaux de stablecoins (KYC).

Attention ne sont concernés que les stablecoins adossés à 100% en monnaie fiduciaire donc IN Tether et LIBRA version 2 adossée 100% à la monnaie locale mais exit la LIBRA adossée à un panier de monnaies. Autre restriction : seuls les « hosted wallet » ou portefeuilles hébergés (c’est à dire gérés par des tiers identifiables agissant pour le compte de l’utilisateur final de stablecoin) sont acceptés.

Néanmoins, en imposant ces contraintes aux banques nationales et caisses d’épargne, le régulateur met les banques au centre de la validation de la réputation des émetteurs de stablecoins. En acceptant leurs dépôts, elles valident en quelque sorte non seulement la bonne gestion de leurs réserves et leur conformité avec la réglementation bancaire. C’est une lourde responsabilité !

Mehdi Medjaoui, Fondateur de GDPR.dev et APIdays

« d'ici 2022, une cryptomonnaie basé sur des smartcontract RGPD permettra d'établir les bases d'un revenu universel digital, basé sur les données personnelles »

Sebastien Descours, Energies Demain

« le SOL sera la monnaie de la valeur environnementale »

Je prédis que le SOL sera la monnaie de la valeur environnementale et permettra de réduire à un niveau supportable nos émissions de gaz à effet de serre

Je suis Sébastien Descours, consultant sur la rénovation énergétique chez Énergies Demain, je co-dirige également Ethires, le master de philosophie action de Paris Panthéon Sorbonne que j’ai créé.

La problématique de la réduction nécessaire de nos émissions de gaz à effet de serre est entravée par une approche systématiquement floue et punitive. On met des taxes en place, on culpabilise, on ne récompense pas. Et ça ne marche pas. On va tous griller !!!

La tokenisation progressive des actes économiques facilite pourtant une connaissance affinée de l’impact de sa propre consommation et d’en intégrer le coût dans la comptabilité.

Pour matérialiser cela, il faut créer une monnaie, le SOL, qui soit représentatif de cette consommation de l’actif commun. Et attribuer un prix en SOL à chaque transaction effectuée par les citoyens.

Comment ça marche ? 1 SOL est égal à 1 kg de GES En début d’année, l’État distribue de manière égale à chacun 12000 SOLs sur sa carte SOL, intégrée ou non dans sa carte de crédit. J’en reçois. Mes enfants aussi. Tout comme ma grand-mère en EPAHD. Ou le SDF en bas de chez moi. À chaque achat que j’effectue, ma carte SOL est débitée du montant des émissions liée à mon achat. Quand mon solde de SOLs est à zéro, je ne peux plus consommer. Plus voyager. Ou alors, il me faut acheter des SOLs à d’autres citoyens plus vertueux. Ma grand-mère en EPAHD ou le SDF d’en bas par exemple. Ou sur une place de marché dédiée.

Le petit consommateur peut ainsi toucher un revenu de la vente de ses SOLs. Il y a une récompense à la vertu : un foyer de 4 personnes peut engranger aux cours actuels près de 1000€ par an ! Enfin, s’il est difficile pour un état de résister aux lobbies sectoriels, le consommateur lui a moins de scrupules ! Il devient le libre arbitre de ses consommations de GES. Acte citoyen par essence. Mais aussi acte lui permettant un impact puissant sur l’offre marchande : si elles veulent continuer à vendre, les entreprises iront très vite rechercher d’elles-mêmes les produits et services les moins coûteux en SOLs.

Le SOL a donc un triple impact :

  1. Il forme les citoyens qui deviennent conscients en permanence de l’impact de leurs choix de consommation
  2.  Il est ludique et récompense les vertueux
  3.  Il est efficace : il permet à la puissance publique de fixer des plafonds annuels en ligne avec la stratégie de réduction des émissions et pousse les acteurs économiques à rechercher des solutions efficaces pour pouvoir continuer à vendre.

Et, parce que c’est simple à mettre en place, le SOL sera la monnaie de la valeur environnementale.

Bruno Teboul, Docteur de l’Université Paris-Dauphine spécialiste de Philosophie et Sciences Cognitives

« la finance et l’économie décentralisées affaibliront l’économie de l’audience au bénéfice de l’économie de la connaissance »

Richard Strul, Fondateur de Resoneo

« Facebook veut créer un système clos comme Wechat »

Je prédis que Facebook va essayer de mettre en place un modèle similaire a celui de Wechat.

Mon nom est Richard Strul.

Je suis Président de RESONEO et spécialiste du marketing digital.

Si l’on regarde l’évolution de l’environnement digital, notamment sur les 5 dernières années, les grandes plateformes occidentales, Google, Facebook, Amazon et Apple en particulier, ont créé des “walled garden” ou ils sont capables de tracer tous nos déplacements. Et ils sont les seuls a pouvoir le faire parce que y nous passons notre temps logues. Ils sont capables d’avoir une vision globale de notre comportement Et d’accreter une quantité de de data colossale sur chacun d’entre nous. Tres schématiquement, Google (et Youtube) sait tout ce que nous recherchons, tous domaines confondus, Amazon sait tout ce que nous voulons acheter en termes de produits physiques, Apple nous vend des services et possède une data précieuse sur nos usages, et Facebook (et Instagram et Pinterest...) connaît tout de nos tendances inspirationnelles, de nos histoires de vie, de ce que nous aimons et n’aimons pas... Le “truc en plus” de Facebook, c’est d’être un reseau social, un lieu d’échange. De la a devenir un lieu de transaction, il n’a qu’un pas. C’est précisément le type d’enceinte close qu’a développée Wechat en Chine qui , grace a un systeme de paiement intégré, est devenu un lieu d’échange universel. Les systemes de paiement en question remplacent de plus en plus en Chine le cash et tous les autres outils classiques, le tout pour un marche de plus d’un milliard d’utilisateurs. Il semble clair que Facebook, avec 2,5 milliards d’utilisateurs dans le monde, est en mesure d’ériger un marche clos du meme type, international, dote d’un systeme d’échange universel. La volonté de Zuckerberg, avec l’initiative Libra, était meme au depart, de doter ce marche d’une monnaie a part entière, opposable a l’économie réelle, adossée a un pannier de monnaies de reference. Et meme si les régulateurs ont calme les ardeurs du grand F bleu et de ses partenaires, reste la volonté d’en faire un jeton échangeable universel. Stratégiquement, le bloc americain a tout intérêt a soutenir l’émergence d’un écosystème de ce genre, contrepoids economique d’un systeme chinois qui ne cache pas sa volonté de prendre l’ascendant dans le domaine de la monnaie électronique, et d’utiliser le Yuan électronique pour contester la suprématie du dollar. Même si Trump déteste les GAFA - et même si ca n’était plus lui ! - il ne peut pas laisser passer l’opportunité de créer un champion mondial de l’échange financier. Ce sera donc un mariage de raison, et les Etats-Unis laisseront Facebook construire face à Wechat un nouvel éco-système mondial clos autour du dollar. Croyez-vous à ma prédiction ?



Sondages

Les chiffres correspondent aux votants en réunion (sur 6)

Vincent Lorphelin : "les brevets de l'économie décentralisée feront l'objet d'enchères inédites dès 2021"

  • 4 Oui
  • 1 Oui, mais après 2022
  • 0 Je ne sais pas
  • 1 Non, cela se règlera entre Etats
  • 0 Non

Yann Le Floch : "la DLT transformera radicalement le secteur de la finance, avec ou sans la DeFi »

  • 2 Oui
  • 3 Oui, mais avec beaucoup d'inertie
  • 1 Je ne sais pas
  • 0 Non, la DLT ne fera que consolider les pratiques et positions existantes
  • 0 Non

Nathalie Janson : "l’OCC va renforcer l’attrait des stablecoins adossés à 100% à une monnaie fiduciaire"

  • 4 Oui
  • 2 Oui, mais les banques seront des freins
  • 0 Je ne sais pas
  • 0 Non, par manque de banques prêtes à accepter ces responsabilités
  • 0 Non

Mehdi Medjaoui : « d'ici 2022, une cryptomonnaie basé sur des smartcontract RGPD permettra d'établir les bases d'un revenu universel digital, basé sur les données personnelles »

  • 1 Oui
  • 2 Oui, mais avec un niveau de revenu marginal
  • 2 Je ne sais pas
  • 0 Non, les GAFA ne voudront pas rémunérer les data
  • 1 Non

Sebastien Descours : « le SOL sera la monnaie de la valeur environnementale"

  • 1 Oui
  • 1 Oui, mais pas avant 5 ans
  • 1 Oui, mais pas avant 10 ans
  • 0 Je ne sais pas
  • 2 Non, c'est trop compliqué
  • 1 Non

Richard Strul : « Facebook veut créer un système clos comme Wechat »

  • 5 Oui
  • 0 Oui, mais il sera empêché par son risque d'être démantelé
  • 0 Je ne sais pas
  • 1 Non, l'économie décentralisée l'emportera face aux GAFA
  • 0 Non


Commentaires de Pascal Ordonneau

L’intervention de Vincent Lorphelin

J'ai écouté avec toujours autant d'intérêt tes réflexions sur un domaine que tu connais comme ta poche. En tant que prestataire de pensée et de réflexion, je ne peux que te rejoindre lorsque tu évoques la "guerre" des brevets qui est aussi et surtout une guerre pour la domination économique, sociale et culturelle du monde. Constatons, même si cela ne fait pas plaisir, que notre temps est celui de l'Amérique Américaine, du néo-libéralisme, du triomphe final d'un pays qui a triomphé dans tous les domaines, les Etats-Unis.


La dernière étape de ce triomphe, nous le voyons et l'entendons sous nos yeux et avec nos oreilles : nous vivons dans un monde de « starts-ups », dirigées par des CCO et autres executives en tous genres avec des noms où "oo" se prononce "ou", des livres blancs bourrés de "biais" et des "échanges" qui "tradent" de tous les côtés. Je fais un peu ringard sur ce côté-là ? Pour moi, la domination finale d’une entité souveraine est culturelle voire cultuelle et l'emprise intellectuelle des Etats-Unis va beaucoup plus loin qu'on imagine : les GAFA en sont une manifestation visible. Il en est de plus sournoises, à commencer par l'admiration béate de nos élites à l’égard de méthodes et de gouvernances où la nov-langue genre soviétique évolué, règne en maître.


Donc, oui, tu as raison, les brevets qui sont la version «carrée» de la bataille intellectuelle contemporaine, sont un sujet considérable.


En revanche, parce que, peut-être, je cherche à compenser mon manque d'avenir par une abondance de passé, je ne peux pas m'empêcher de me souvenir.


En particulier, je me souviens avoir écrit un livre sur les firmes multinationales. Il est sorti en 1975, cela fait presque un demi-siècle. Je conserve, plus par habitude que par souci intellectuel, ma documentation. J'ai en rayon : les Sept Soeurs, Grain Merchants... et j'en passe (j'en ai une vingtaine). En cinquante ans, ces monstres qui terrorisaient le monde et qui étaient au fondement du démarrage de la domination économique américaine du monde, se sont d'abord effrités, puis déglingués pour, à la fin, de nos jours, n'être plus que des accompagnateurs des transformations énergétiques, agricoles et industrielles du monde.


Ma prédiction : ceux qui affirment la puissance des entreprises tout aussi bien financière qu'intellectuelle oublient toujours que ce sont les politiques qui voient et font le monde. La pensée économique française de l'après-guerre qui était une des plus brillantes et pertinentes a été tuée par les Hayek et Friedman parce que la puissance politique américaine ne pouvait se déployer qu'en choisissant un modèle de pensée en rupture avec ce que le vieux monde produisait (dont, et surtout, les aberrations socialistes et communistes).

Ma prédiction : lorsque la fameuse guerre des brevets aura atteint un point critique, alors, les entreprises seront cassées et les Etats, reprendront en main la puissance ainsi "libérée".




L’intervention de Nathalie Janson

Je l’ai suivie attentivement, ce qui est bien naturel, n’intervenait-elle pas dans un de mes domaines de prédilection ? Elle a été très claire sur un sujet qui n’est pas simple, spécialement quand on suit l’évolution du débat sur les monnaies digitales aux Etats-Unis (j’évite à dessein le terme crypté qui finit par renvoyer les techniques sur lesquelles elles reposent à l’univers sombre des trafics en tous genres).


L’irruption des institutions financières et monétaires américaines dans le domaine des CBDC est quelque peu chaotique, entre celles qui « planchent » sur un « could be » e-dollar et celles qui veulent faire moderne en ouvrant leurs systèmes informatiques aux wallets de leurs clients où s’entrepose comme dans le tonneau de Danae, toute une faune d’e-monnaies, depuis les tokens les plus primaires (ceux qui, de toute façon, issus d’ICO improbables, n’ont jamais rien valu, sauf au moment où il fallait que le Geek de base se fasse délester de ses économies), jusqu’aux coins les plus prestigieux (bitcoin, what else ?).


Que le gardien américain de la monnaie ouvre les portes des caisses d’épargne à ces monnaies est un bel acte de foi dans l’avenir et la preuve d’une merveilleuse capacité à oublier le passé. Comme je l’indiquais dans le commentaire précédent, je suis assez ancien pour pouvoir me souvenir comme si c’était hier. Je me souviens donc des exploits de Michael Milken et de leurs répercussions sur les caisses d’épargne américaines. (Je devrais ajouter - mais ce serait me vanter- que je me souviens aussi de leur ancêtre M. John Law et de ses inventions, la Compagnie perpétuelle et la Banque Générale).


Ne dit-on pas « l’histoire ne se répète pas, elle bégaie ? » En ce moment, reconnaissons qu’en matière monétaire, les bégaiements Hayekiens rendent la question monétaire quelque peu inaudible.


Les questions que soulève Nathalie sur la couverture des stable-coins et des stable-e currencies en général sont bien vues. On dira simplement, que si on voulait bien revisiter les mécanismes de la faillite de Law, on y lirait l’avenir de toutes les stable coins de la terre.

Nathalie met bien en lumière ce que les contrôles nécessaires seront et ce qu’ils coûteraient dans le cas où ce genre de monnaie ferait son chemin.


L’intervention de Sébastien Descours

J’ai beaucoup aimé l’enthousiasme qu’il a déployé pour expliquer le Sol. J’aurais aimé en revanche, qu’il nous explique la différence entre ce qu’il décrivait et les techniques qu’on nomme habituellement « impôt » et « taxation ».

J’ai eu la vision d’un monde où les riches continuent à être de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, car comment peut-on dire que les gros consommateurs, s’ils veulent consommer doivent aller se procurer des sols auprès des petits consommateurs, sans admettre que ces derniers étant délestés de leurs sols, devront réduire encore davantage leur consommation.


Je n’aurai pas la cruauté de dire qu’en entendant cette histoire de mise des sols sur le marché par ceux qui n’en ont pas besoin, c’est-à-dire ceux qui ne consomment pas beaucoup, c’est-à-dire les pauvres, j’ai instantanément pensé à ce scandale, dont personne ne parle plus : le seul poste significativement excédentaire de la balance commerciale d’Haïti a longtemps été le produit des exportations de sang vers les Etats-Unis. Il faut croire que les Haïtiens en avaient un peu trop et que les cliniques américaines n’en avaient pas assez.

Oui, je sais, c’est outré, il n’empêche qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris.

Dans un genre d’idée qui ne peut que soulever l’intérêt de Vincent : rappelons que le sol dont on nous a dit tous les bénéfices n’a rien à voir avec une autre monnaie qui se nomme aussi le SOL et qui n’a rien à voir dans ses mécanismes, fondements légaux et modes d’utilisation avec le précédent.

Mais les premiers à avoir utilisé le mot Sol dans le contexte d’une monnaie alternative sont-ils propriétaires et de l’idée et du nom ?


L’intervention de Yann le Floch

Pour être sincère, c’est la méthode suivie que je n’ai pas bien saisie : l’essentiel du propos a consisté en une avalanche de questions. A la fin, comme il était prévu, on nous a demandé si nous adhérions aux prévisions émises. Mais, comment adhérer à un questionnaire multiple ?



L’Intervention de Richard Strul

Je la commenterai peu car elle exprime une conviction forte sur un acteur de l’économie mondiale dont l’Institut de l’Iconomie a beaucoup débattu. Il place la question à son bon niveau : le niveau politique et celui de la souveraineté monétaire des pays.


Je ne suis pas d’accord avec ses conclusions, il n’empêche que c’est bien pensé et bien dit.


L’intervention de Mehdi Medjaoui

Même commentaire. Bien expliqué. J’ai appris beaucoup de choses. Une différence cependant avec l’intervention précédente : les idées développées me convainquent. Je les trouve utiles et prometteuses