Partenariat équitable dans l’iconomie

De iconomie
Aller à : navigation, rechercher

L’iconomie est l’économie du risque maximum en raison de l’importance des coûts fixes dans le coût de production : la quasi-totalité de celui-ci est en effet dépensée avant que l’entreprise n’ait vendu la première unité et reçu la première réponse du marché[1]. Dans l’iconomie la plupart des produits seront donc élaborés par un réseau de partenaires car cela permet de réduire le risque que supporte chaque entreprise.

Au cœur du partenariat se trouve une plate-forme d’intermédiation qui a pour rôle:

  • de remplir entre les systèmes d’information des partenaires la fonction de traduction et de commutation qui assure l’interopérabilité du processus de production ;
  • d’assurer le traitement des « effets de commerce » en procurant au partage des dépenses et recettes la transparence qui garantit son honnêteté.

Un partenariat inéquitable, dans lequel un des partenaires se fait tromper par les autres, aboutira cependant bientôt à un divorce. Le partenariat sera équitable s’il est également rentable pour chaque partenaire : il faut donc que le partage des dépenses et des recettes soit tel que le taux de rentabilité soit le même pour tous. Il faut cependant surmonter trois difficultés.

  1. Le taux de rentabilité s’évalue, dans le cas simple où la variation annuelle de la trésorerie disponible (VTD) que procure le projet est constante[2] et où la durée du projet est infinie, par le quotient VTD/K où K (valeur du capital engagé dans le projet) est le coût de l’investissement initial. Il s’agira souvent d'un capital de compétence : il faut un effort d’évaluation que la comptabilité ne fait pas actuellement.
  2. L’échec du projet entraînerait pour certains une perte qu’ils peuvent supporter, pour d’autres une faillite. Le risque n’est pas le même : le taux de rentabilité doit donc comporter pour chaque partenaire la prime de risque qui correspond au risque qu’il encourt. C’est le taux de rentabilité hors prime de risque qui doit être égal pour tous les partenaires ; le taux de rentabilité comprenant la prime de risque sera donc différent.
    L’évaluation de la prime de risque de chaque partenaire est évidemment délicate.
    Quoi qu’il en soit des difficultés pratiques, l’évaluation du capital que chacun engage dans le projet et sur celle du risque que chacun encourt se décident lors de la négociation du contrat de partenariat.
  3. Celui des partenaires qui maîtrise la plate-forme d’intermédiation sera souvent à l’initiative du design du produit et de l’ingénierie d’affaire qui organise le partenariat. Il occupe dans le réseau une position centrale, mais un partenariat est par principe une relation d’égal à égal. Pour surmonter la contradiction qui semble en résulter on peut s’inspirer des projets de logiciel libre que pilote un « dictateur bienveillant ».

Les contributions bénévoles vont de l’écriture d’une part essentielle du code à la correction d’une faute d’orthographe dans un commentaire. Certaines sont précieuses, d’autres inutiles ou nocives. Il faut que quelqu’un puisse choisir celles qui seront retenues et rejeter les autres : c’est la fonction du « dictateur », mais il faut qu’il soit « bienveillant » car sinon le flux des contributions se tarirait. Il doit remercier chaque contributeur et l’encourager à continuer, quelles que soit la qualité de sa contribution.

Le « dictateur bienveillant » est un praticien du « commerce de la considération », d’une écoute attentive qui manifeste le respect accordé à chacun en lui répondant de façon obligeante. Celui qui exploite la plate-forme d’intermédiation d’un partenariat doit pratiquer ce « commerce de la considération » envers les autres partenaires, et sa rentabilité hors prime de risque doit être égale à la leur.

Références

  1. Lois de l'Iconomie
  2. La VTD est la somme du flux net de trésorerie, ou cash-flow, et de la VBFR (variation du besoin de fonds de roulement)