Glossaire:Internet des objets

De iconomie
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Informations issues de l'ouvrage de Pierre-Jean Benghozi, Sylvain Bureau et Françoise Massit-Folléa, L’Internet des objets, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2009, p. 20.

« L’Internet des objets » se construit autour des puces NFC (Near field communication) et RFID (Radio-frequency identification) déjà présentes dans le passe Navigo de la RATP, certains badges, des systèmes de télé-péage etc. Leur utilisation se diversifie, bientôt on les trouvera partout.

Elles ne sont cependant qu’une pièce d’un système de systèmes. Le cas de la distribution illustre les potentialités et la complexité de l’Internet des objets auquel il faut en effet :

  1. un système local dans les entrepôts et magasins du distributeur ;
  2. une intégration des données dans son système d’information afin de pouvoir les traiter et les analyser ;
  3. un système chez les fournisseurs, interopérable avec celui des distributeurs ;
  4. un système chez les consommateurs, permettant de repérer les produits périmés et de lancer un réapprovisionnement.

L’identifiant porté par la puce permet de trouver les attributs du bien sur l’Internet : la traçabilité peut ainsi être mieux assurée que par un étiquetage.

Les puces transforment ainsi l’ensemble de la chaîne économique et des conditions pratiques de la conception, de la production, du stockage, de la logistique, de la distribution, de la vente et de la consommation.

À la complexité des systèmes d’information répondent la diversité des fonctions de la puce et celle des protocoles entre puce et capteur : les organismes de normalisation se multiplient. Ils doivent faire face aux normes de fait qui émergent dans les professions et les pays les plus avancés, et qui sont autant d’enjeux industriels.

Les risques croissent parallèlement aux possibilités car les données rayonnées par les puces peuvent être utilisées de façon indiscrète. Il faut, pour protéger la vie privée et la vie de l’entreprise, des dispositifs qui compliquent encore le système (authentification, chiffrement, « silence des puces » etc.).

L’Internet des objets s’applique aussi au corps humain : le téléphone mobile a acquis les fonctions d’un ordinateur, il est connecté à haut débit et des prothèses (implant auditif, pacemaker, lunettes électroniques) communiquent avec lui afin d’accéder à l’Internet. Des applications de télémédecine se mettent en place (télésurveillance des cardiaques, insuffisants respiratoires, diabétiques, des grossesses à risque etc.).

L’individu transporte ainsi avec lui l’accès à une ressource informatique ubiquitaire (personnelle et professionnelle) qui doit être sécurisée, protégée etc. Il est localisable par les personnes qu’il a habilitées. Sa carte d’identité, qui inclut des données biométriques, pourrait être remplacée par une puce incrustée dans son corps.

L’Internet des objets est un continent qu’il faudra organiser et civiliser par une innovation dans le domaine du droit. Il faudra protéger les biens informatisés, par exemple les automobiles, et les corps humains contre les accidents que pourrait provoquer un piratage malveillant[1].

Références

  1. Zeynep Tufekci, Why ‘Smart’ Objects May Be a Dumb Idea, The New York Times, 10 août 2015. Le secteur de l'automobile en subit un effet

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