Emploi

De iconomie
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L'iconomie connaît le plein emploi. Dans les entreprises, le Cerveau d'oeuvre a remplacé la main d'oeuvre. La formation, l'entretien et la tenue à jour des compétences occupent une place importante dans le temps de travail. La fonction de commandement n'a plus le caractère sacré qu'elle usurpait dans l'organisation hiérarchique. L'agent opérationnel possède la légitimité qui correspond aux responsabilités que l'entreprise lui délègue. Un Commerce de la considération règle dans l'entreprise la coopération entre les personnes et entre les diverses spécialités, ainsi que la relation entre les agents opérationnels et le commandement.

En 1800 67 % de la population active française travaillaient dans l'agriculture(Molinier, 1977). Si l'on avait annoncé alors que celle-ci n'occuperait plus en 2000 que 3 % de la population active, personne n'aurait pu se représenter ce que ferait le reste. De même, il est difficile de se représenter aujourd'hui ce que sera le plein emploi dans l'iconomie. Pendant la période de transition ni les organisations, ni les compétences ne peuvent répondre aux exigences de l'iconomie : il en résulte un chômage important. Lorsque l'iconomie sera parvenue à sa pleine efficacité (les économistes disent "à l'équilibre"), elle emploiera comme toute économie à l'équilibre l'ensemble de la force de travail disponible, mais l'emploi et les compétences nécessaires auront entre temps changé de nature.


Évolution des emplois : ce qui peut être déduit du modèle de l'iconomie

Contribué par Frederic.Lefebvre-Nare, Michel.Volle

L'approche de Michel Volle est "la construction d'un modèle possible qui fonctionne". Ce modèle fonctionne sur la base de "monopoles temporaires car soumis à la concurrence". Il fait apparaître trois difficultés pour l'emploi :

  1. les emplois liés à la mécanisation ou à la répétition de masse sont détruits par l'arrivée des robots
  2. les emplois de conception et de mise en production sont fragiles car ils dépendent d'un monopole temporaire
  3. les emplois de services - essentiels - ne peuvent être développés en grand nombre, car ils se heurtent au plafond de verre de la représentation du service comme non-production et faible qualification

En terme de dispositifs : la nouvelle économie - l'iconomie - ne détruira pas sa ressource cerveau d'oeuvre si :

  • la formation est continue, privilégiant la polyvalence et le collaboratif, donc ouvrant les cursus à des connaissances de fond, ce qui facilite la mobilité et réduit le risque d'inter-emplois prolongés
  • des référentiels de compétences permettent à chacun de se constituer un Capital Compétences incontestable
  • des rémunérations égalitaires fondées sur l'égalité des compétences entre secteurs

Y-a-il un lien entre la création d'emplois et la fiscalité ? Envisageons de dissocier deux dimensions : les services publics et l'investissement.

L'État devrait assurer des services publics : la sécurité, l'éducation, la santé, les routes, les grandes infrastructures de l'économie, etc... Ces services doivent être financés : la taxation de tous est légitime pour financer les services publics.

Par contre, pour l'investissement, la part de l'État doit être discutée. Si l'État prélève une taxe pour en redistribuer le produit sur des entreprises afin qu'elles investissent, le fait-il de façon judicieuse et pertinente ? Comment s'en donne-t-il les moyens ?

La taxation pourrait être divisée en deux :

  1. Taxe prélevée par l'Etat afin de financer la R&D et les innovations affectant l'ensemble de la population du pays
  2. Taxe prélevée par une branche professionnelle pour former et protéger les compétences des entreprises et les personnes appartenant à la branche

Les constats au plan mondial

Contribué par Frederic.Lefebvre-Nare, Michel.Volle, Joseph.Leddet

Après 40 ans de la troisième révolution industrielle mondiale, les acteurs économiques et sociaux n’ont pu que s’y adapter. Nous devons donc pouvoir constater dans les situations économiques et sociales, en particulier celle de l’emploi, « les résultats de l’expérience », qui peuvent valider ou invalider notre modèle.

La difficulté est que nous avons un seul résultat d’expérience (mais compliqué, avec pas mal de variables mesurables : emploi mondial, concentration sociale ou géographique de celui-ci, concentration sociale ou géographique des richesses, etc. ; et complexe : tout est en relation avec tout). Donc la boîte aux interprétations une fois ouverte, chacun(e) peut y aller de son scénario qui validera ou invalidera le modèle. Il faudrait être plus spécifique. Il y a deux sujets, le modèle économique de l’iconomie — qui s’apprécie au plan mondial — et le comportement micro-économique de l’acteur « France » dans ce grand ensemble.

Cinq faits peuvent être relevés au plan mondial:

Capacités professionnelles 
le travail de quel % des gens sur terre pourrait être remplacé avantageusement (mieux et moins cher) par des robots, logiciels ou algorithmes — existants aujourd'hui ? Il me semble que les enquêtes sur le sujet suggèrent plutôt 10 ou 20%, que 80 ou 90%.
Le moins cher est important car si le coût humain d’adaptation de l’algorithme à une situation précise, dépasse le coût du travail humain « classique » pour gérer cette situation,… Un mini-exemple : j’analysais via des enchaînements tordus de calculs Excel, une enquête annuelle. Je suis en train de développer l’algorithme SQL qui permettrait de pérenniser ce traitement sans moi. Ça prend beaucoup plus de temps et c’est beaucoup moins robuste aux modifications éventuelles des demandes ou de la structure du questionnaire.
Analphabétisme 
aujourd’hui la grande majorité de la force de travail est éduquée. Les systèmes d’enseignement se sont développés quantitativement et ont progressé qualitativement ; sauf erreur de ma part, cela a été mesuré sur de nombreuses échelles (dont PISA, et c’était vrai pour la France au moins jusque dans les années 90 selon le fameux « NG » testé lors des « 3 jours » : par exemple 1991-1994, ou cette référence pour 1981-1993, page paginée 186). Même si la France est aujourd’hui décrochée de ce progrès mondial.
Information et choix des consommateurs 
ils sont infiniment mieux informés et discriminants dans leurs achats qu’à l’époque du « poulet aux hormones » de Ferrat, il y a maintenant des études marketing sur les produits alimentaires, l’automobile, etc., dans tous les pays jusqu’au Congo ex-Kinshasa (je prends cet exemple parce que c’est l’un des derniers pays à avoir été investi par cette profession). La logique du « premier prix » ne représente qu’une faible part de la valeur des ventes — par exemple, Apple a la majorité, en valeur, du marché mondial des smartphones. Eux, consommateurs, se sont donc adaptés (contrairement aux entreprises, qui restent sur une vision myope du prix à court terme, et depuis trente ans achètent du PC ;-) , malgré les études (de 2002, de 2010) qui montrent un TCO plus faible pour les Mac).
Emploi mondial
il a certainement augmenté de façon massive depuis 1975. Surtout si on « pondère » le statut au travail / non au travail, par une « productivité potentielle » liée à la nature de l’emploi. Certes, il y a un chômage des jeunes très importants dans les pays très pauvres comme le Burkina (que je connais un peu) ; mais il y a 30 ans dans le même pays, la grande majorité des familles avait pour travail de cultiver de l’ordre de 2 hectares avec un rendement moyen de l’ordre de 4 quintaux par hectare — soit, en comptant quelques légumes et poulets, une production potentielle de l’ordre de 500€ par an. Il est facile aujourd’hui, en étant au chômage en ville, de produire plus que 500 € par an.
Diversification des produits 
elle est spectaculaire — à part dans l’exemple précité des smartphones, mais on pourrait argumenter que la diversité des applications sur smartphones recrée la diversité, à l’intérieur de l’objet physique unique. todo icon.png Je serais très intéressé par des analyses du gain de productivité sur la conception des produits, grâce aux technologies actuelles. J’ai le sentiment que les progrès sont bien plus rapides que +2% par an (donc bien plus rapides que les gains de productivité sur le travail de production). Ce qui expliquerait économiquement la vitesse de la diversification, et peut-être, le recours massif dans certains secteurs à l’emploi manuel pour la production, par exemple dans le textile (Bangladesh, ou les fameuses chaussettes de Datang, produites sur des machines low tech).

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